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lundi 19 novembre 2012

Les ames croisées

De Pierre Bottero

Nawel Hélianthas vit à Jurilan, le royaume des douze cités. A dix-sept ans, elle est une jeune adolescente riche, prétentieuse et exigeante. Aspirante comme ses amis Philla et Ergaïl, elle doit choisir la caste correspondant à ses aspirations profondes pour le reste de sa vie. Tout indique qu'elle entrera, selon le désir de ses parents, chez les prestigieuses Robes Mages. Mais Nawel s'interroge sur la voie qu'elle doit suivre. Et après avoir provoqué involontairement la mort d'une jeune femme et de son bébé, elle opte pour la mystérieuse caste des Armures.

C'est avec un grand plaisir et une tout aussi grande tristesse que je fini un des derniers livres de Pierre Bottero me restant à lire.
Tout ce qui fait un grand Bottero est présent dans ce livre pour nos petits yeux avides d’émerveillement.
Aventure, magie, complot, amitiés, action et amours nous sautent aux yeux tout au long du roman.
L’histoire est simplement magnifique.
Nawel, riche héritière issue des la caste des Perles, caste noble et dominante contrairement aux Cendres, est une fille proche de ses amis mais égocentrique.
Une erreur de taille fait prendre un brusque virage à sa vie, la rencontre avec une Cendre.
Après l'avoir bousculé, elle lui rejette la faute et exige qu'elle soit fouetté, malgré les avertissements de son mari lui expliquant qu'elle était encore faible de son accouchement.
Son égoïsme causa la mort de la femme et, quelque temps après, celle de son enfant.
Réalisant, bien que trop tard son erreur, elle délaisse la caste des Robes, à laquelle tous la voyaient destinée pour rejoindre les Armures afin de faire pénitence.

Bottero nous livre la une magnifique leçon de vie, sans chercher à être moralisateur. Il prône la tolérance et le respect des autres. De bien bonnes idées à laisser aux générations futures.

Sa plume est comme une lame : brillante et acérée, tranchant toujours juste.
Un petit extrait (d'ailleurs beaucoup cité) pour vous mettre l'eau à la bouche :

« Vivre, c'est se mettre en danger, réalisa-t-elle. de la même façon qu'apprendre à marcher, c'est d'abord accepter l'idée de tomber. »

Le seul point négatif que je pourrais trouver à ce roman, c'est qu'il est le premier d'une série que Pierre Bottero n’a pas pu nous confier avant son tragique décès.
C'est réellement dommage, surtout que l'on voyait des liens se tisser avec les autres livres, en particulier avec la trilogie l'Autre (via une porte créé par les Bâtisseurs).

Au final, encore une excellent lecture d'un auteur au talent indiscutable.
Si ne fallait retenir qu'une chose de ma chronique, c'est qu'il faut lire ce livre absolument.

Si vous n'êtes pas entièrement convaincu, je vous invite à lire les critiques de :

dimanche 16 septembre 2012

L'autre

De Pierre Bottero

Natan habite au Canada, il excelle dans tous les sports au point que c'en est étrange. Shaé vit près de Marseille. Elle possède, tapie au fond d'elle-même, une Chose qu'elle ne maîtrise pas. Lorsqu'ils se rencontrent à Marseille, ils comprennent que leurs existences sont liées…
Après avoir échappé à des individus sans visage et des créatures infernales, ils sont recueillis par la famille de Natan et pénètrent dans la Maison de l'Ailleurs. Mais l'Autre, triple et terrifiante incarnation du Mal, les y traque…

 

Après avoir vaincu Jaalab, la Force, Natan et Shaé vont à Paris défier Onjü, le Coeur de l'Autre. Maître des tempêtes, il sème la désolation dans le monde par des catastrophes naturelles. Leur rencontre avec un Guide aveugle, Emiliano, les conduit à se séparer. Natan rejoint sa Famille et tombe dans le piège tendu par sa cousine. Seul, il est condamné… 



Elio prit une profonde inspiration.
"Rafi, c'est quoi un Helbrume ?" "Une créature maléfique. " "Tu ne veux pas en parler? " "Si, mais pour l'instant je conduis et je réfléchis à la façon de nous sortir de là. Ils ont retrouvé ta trace trop tôt. " "Qui ça, ils ?".




Je me lance enfin dans l’autre trilogie de Pierre Bottero, qui, comme une partie de la quête d’Ewilan, l’action se passe dans notre monde et mets et scène deux adolescent, presque de jeunes adultes.
Ces deux adolescents, Natan et Shaë, vivent sur deux continents différents mais partagent, sans le savoir, un point commun : ils sont les descendant de grandes familles aux capacités hors du commun et n’en aurait jamais eu vent sans l’attaque de l’Autre, entité malfaisante celée par les sept Familles depuis des millénaires et récemment libéré par hasard.

Chaque famille possèdent un don unique, transmis de générations en générations et chacun des deux héros descend de trois de ces familles.
Natan, grâce au trois Familles dont il est issue possède par les Cogistes, des réflexes et une vitalité surhumains, par les Mnésiques, une mémoire héréditaire et par les Scholiastes, une faculté d’apprentissage instantané. Shaë, par les Métamorphes, peut se changer en animal, principalement et panthère, par les Bâtisseurs, la faculté de contrôle des portes menant à la Maison, étrange bâtisse dans une autre dimension possédant une multitude de porte menant en divers endroits de la planète et des Guérisseurs, lui permettant de guérir un peu comme Wolverine.
Ces pouvoirs, surtout combinés, sont extrêmement utiles aux héros, bien je trouve que cela fasse un peu surenchère.

J’ai adoré les petits clins d’œils permettant de deviner que cette fameuse Maison, entourée d’une praire dévoreuse se situe en Gwendalavir.

Le style de Bottero est, comme toujours, grandiose. Il est à la fois simple et direct, menant les héros tambour battant à travers toute sortes de péripéties,  mais il est surtout empli d’une certaine poésie.
Les personnages sont assez attachant, en particulier Rafi, le vieux Guide (la septième Famille) et sage excentrique et toujours de bons conseils.
La relation entre Shaë et Natan, bien que prévisible, est émouvante en raison des innombrables obstacles se dressant entre eux et qui pourtant ne font que les rapprocher.

Evidement, l’histoire est assez simple, la public ciblé est les ados, mais pourtant elle est fouillée et travaillée.

Au final, j’ai beaucoup apprécié cette trilogie qui m’à permis de replonger de nouveau dans l’imaginaire magique de Pierre Bottero.
J’enchaîne d’ailleurs directement avec la trilogie Les mondes d’Ewilan, acquis au même moment.

D'autres avis forts interressants sur ces livres :




dimanche 11 décembre 2011

Le pacte des Marchombres

De Pierre Bottero



L'histoire narre le parcours d'Ellana, jeune fille curieuse et intrépide, privée de ses parents lors d'une embuscade contre leur caravane.
Dissimulée par sa mère dans une cache du chariot, elle est secouru, puis élevé par de curieux êtres humanoïdes de petite taille.
A l'adolescence, elle les quitte pour parcourir le monde et en apprendre plus sur ses véritables parents.
Chemin faisant, elle rencontrera le marchombre Sayanel, qui décelant son fabuleux potentiel et ayant déjà un apprenti, la confiera à son ami Jillano.
Le second tome, dans la parfaite continuité du précédent, narre la suite et fin de cet apprentissage.
Le dernier se passe quelques années après celui-ci ( la quête d'Ewilan s'insère d'ailleurs entre ces livres) et on retrouve Ellana, qui suite à une attaque des mercenaires du chaos, se voit prendre son enfant et est laissée pour morte.



Premiers livres que je lis de cet auteur, pourtant vivement conseillé par Plume et bien d'autre, cette trilogie est un véritable coup de cœur.
Je m'étais en effet attendu à un bon roman de fantasy. Cette série en possède d'ailleurs toutes les caractéristiques : des monstres, des héros aux capacités spéciales surhumaines, de l'amour, des guerres, des trahissons, de nombreuses tragédies, des prophéties et d'étranges noms aux consonances magiques.
Rien de bien transcendant si j'ométais de mentionner la plume incroyable de Bottero.

En effet, bien que le lecteur se contente de suivre la progression d'Ellana sur la voie des marchombre, ce roman recèle de grandes richesses.
En plus de bâtir un univers complet, Bottero construit toute une philosophie autour de l'enseignement dispensé par le maître marchombre à son élève.

Et surtout, Bottero manie la plume comme les marchombres leurs dagues : le geste est simple, mais gracieux et efficace, sans superflu et toujours emprunt d'une certaine poésie.
Dans les bonus, Bottero décrit d'ailleurs sa manière d'écrire :
Écriture. Travail sur la forme. Lisser ses phrases pour qu'elles caressent, les affûter pour qu'elles tranchent, les effiler pour qu'elles percent, les vriller pour qu'elles crochètent. Faire de ses phrases une panoplie d'outils destiné à un seul but : sculpter l'émotion.

Bottero, plutôt que d'embellir son texte avec des mots aux rythmes chantant, mise sur la puissance, quasi-magique du sens profond de chaque mot qu'il emploi.
Les poésies marchombres sont extrêmement courtes, parfois juste trois mots, et semblent basées sur la puissance des mots utilisés dans le bon contexte.
Élan de vie
Murs oubliés
Libre.

Les personnages sont superbement décrit, en particulier, évidement, Ellana parfait mélange entre un shinobi et Wolwerine, au caractère bien trempé et à la curiosité égale à sa soif de liberté : insatiable

Je n'ai eu qu'une envie une fois le troisième tome engloutit, c'était de me plonger dans la quête d'Ewilan, trilogie que j'aurai d'ailleurs du lire entre les tomes deux et trois.
En effet, il y a un grand trou, chronologiquement parlant, entre ces deux livres que ce cycle d'Ewilan comble. Je ne m'en suis aperçu qu'une fois le tome trois entamé et, étant donné l'intrigue poignante tombant dès le début du livre, je n'ai pas pu le reposer.
Toutefois, l'auteur fait suffisamment de rappel pour que l'on raccroche les wagons facilement.

Petite cerise sur un gâteau déjà alléchant : les doubles réponse, du savant et du poète.
A de nombreuses questions, Ellana (et quelques autres personnages) donnent deux réponses : Celle du savant et celle du poète, deux réponses distinctes et pourtant complémentaires, deux facettes d'une même vérité, comme celle donné à Ellana par sa mère au début du premier tome:
-Tu reviendras quand ?
- Il y a deux réponses à ta question. Comme à toutes les questions, tu le sais bien. Je commence par laquelle?
A l'extérieur, un bruit terrifiant s'éleva. Le bruit des armes qui s'entrechoquent, fendent la chair, donnent la mort. La fillette tressaillit mais sa mère, en lui caressant la joue, réussit à l'enfermer dans l'univers de son regard.
- Laquelle?
- Celle du savant.
-Je ne reviendrais peut être jamais, ma princesse.
- Elle est nulle cette réponse. Donne moi celle du poète.
Isaya se pencha pour lui murmurer à l'oreille.
- Je serai toujours avec toi. Où que tu te trouves, quoi que tu fasses, je serai là. Toujours.
Elle avait placé la main sur sa poitrine. La petite la regarda avec attention.
- Dans mon cœur?
-Oui.

Si je recommande ce livre ?
Il y a évidement deux réponses à cette question.
Celle du poète : Cette trilogie est à lire et à relire en se laissant transporter dans le monde magique que cet auteur français, hélas décédé, nous à laissé.
Celle du savant : Cette trilogie est clairement déconseillée en tant que livres de chevet (Risque de nuit blanche important).