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lundi 6 mai 2013

Comment la Chine change le monde

De

La Chine a toujours été un pays de mystère et d’émerveillement pour moi.
Du haut de ses quatre milles ans d'histoire, il est hélas très difficile de se la représenter fidèlement.
Charles Edouard Bouée nous présente une synthèse originale, assez différente de celle qui nous a été présenté sur les livres d'histoire et qui nous ouvre les yeux sur ce qui fut l'Empire du Milieu.

Il rappelle les bases de l'histoire de cette civilisation assez rapidement, un seul livre n'aurait pas suffit, mais en choisissant judicieusement les extraits pour fini par décrire la situation politico-économique mondiale de la Chine au jour d’aujourd’hui.

Bien que son sujet soit ardu et qu'il soit facile de s'y perdre, l'auteur nous explique les faits simplement sans jamais perdre son fil directeur.
La lecture en est rendue plus fluide et agréable et je pense qu'aucune connaissance n'est nécessaire pour bien apprécier ce livre.

Il nous présente un pays très solidaire devant l'adversité (notamment le séisme de 2008), lourdement chargée d'histoire et de philosophie et qui malgré une longue politique de renfermement sur elle même, a réussi à d’auto-reconstruire pour devenir une des premières puissances mondiale. 
Il est très intéressant de voir comment la Chine a su composer avec son histoire (notamment le taoïsme), le communisme et le capitalisme pour produire un résultat qui semble assez efficace.
Mais il est dommage que ce pays soit aussi lourdement rongé par la corruption et qu'il reste toujours autant hermétique au reste du monde.

Le seul bémol que je pourrais trouver à ce livre, et en cherchant encore, concerne la liste politiciens récents en Chine, que j'ai trouvé un peu trop longue et pas forcément utile.

Bien qu'une fois la dernière page tournée, je ne sais pas trop comment la Chine changera le monde, ma vision de la Chine a bien changée.
 
Au final, c'est une lecture intéressante et très instructive que je recommande très chaudement à toute personne désirant découvrir la nature de la Chine ou qui, comme moi, serait curieux de nature.

dimanche 13 mai 2012

L'Impératrice de la soie, Tome 1 : Le Toit du monde

De



En 655, sous la dynastie des Tang, la Chine détient une somptueuse richesse : la soie. Sa finesse chatoyante en fait une matière précieuse convoitée. Bouddhistes et chrétiens, moines et brigands, tous, sur la légendaire Route de la Soie, rêvent de s'emparer du secret de sa fabrication. De Peshawar au Tibet, en passant par le palais impérial, les tensions s'exacerbent. Mais l'étoffe moirée n'attise pas que la convoitise, elle préside aussi à la destinée des cœurs purs : ainsi Cinq Défenses, paisible moine bouddhiste, se voit-il confier brusquement deux mystérieux nourrissons par un lama tibétain. Le visage de l'un des enfants est à demi recouvert de poils, ce signe ne trompe pas, ils sont les jumeaux Célestes sur lesquels repose l'avenir de l'Empire... 
Ayant lu grand nombre d'excellentes critiques au sujet de cette série, c'est avec beaucoup d'espoir que je l'ai commencé.
Cependant, je sors de cette lecture avec un avis assez mitigé.

Certes, j'y ai appris énormément sur la Chine, le Tibet et l'Inde, ainsi que sur leurs histoires, religions, économies et politiques.
C'est très intéressant mais cela rend l'histoire d'une complexité presque indigeste.
De plus, les différentes histoires narrées simultanément ne facilitent pas la lecture.
Nous suivons ainsi les histoires de Poignard de la Loi et l'éléphant blanc au monastère de Peshawar, de la mission de Cinq Défenses partant du monastère de Luoyang, de Wuzhao, une concubine devenue impératrice à force de machinations franchement immorales, de Ramahe Sgampo au couvent de Samyé et d'Umara.
Tant de personnages forts au destin hors du commun sans qu'aucun ne suscite réellement mon intérêt. 

J'ai du mettre au moins la moitié du livre avant de vraiment m'immerger dans l'histoire. J'avoue aussi que j'ai de nombreuses fois reposé le livre pour en lire un autre et que cela a dut influer mon rythme de lecture.

De plus, je pense que les scènes d'amours ne servent à rien dans l'histoire et semblent d'avantage combler qu'autre chose.
C'est dommage car, à part cela, les descriptions de ces lieux presque magiques sont magnifiques, les différentes religions judicieusement développés ajoutent une touche d'exotisme appréciée.

Au final, même si la trame est passionnante et le style fluide, presque poétique, c'est une lecture que j'hésite beaucoup à poursuivre tant j'ai eu du mal à l'achever.

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge Petit bac 2012, catégorie 'Métier' (J'avoue que c'était limite comme choix).

Ma sélection de livre pour ce challenge est disponible ici.

samedi 17 décembre 2011

Cénox, l'enfant druide

De Jacques Gohier
Illustré par Dub



Cenox est un jeune gaulois de la tribu des Cénomans, vivant à l'époque trouble ayant vu Vercingétorix vaincu à Alésia.
Fils de l'archidruide Cénomanix, qui l'instruit et lui apprend les secrets des simples, il est habitué à rechercher dans la forêt les ingrédients nécessaires à leurs fabrications.
Lors d'une de ces cueillettes, un général romain, grand ami de César, rasa le village en représailles de l'aide apporté par celui-ci lors de sa capture  pendant la guerre.
Son père, mourant, l'envoie prévenir le village voisin et retrouver son frère Robix.
La transmission de ce message sauve bien des vies et c'est en héros qu'il intègre, sous la tutelle de son oncle devenu archidruide, l'école des druides.


A mi-chemin entre le roman et le manuel d'histoire, ce livre est particulièrement instructif et bien construit. Les personnages fictifs et réels se mêlent en une grande aventure les menant jusqu'à Vercingétorix lui-même.
Ce livre nous en apprend un peu plus sur la magie des druides qui, entre la magie réelle et le tours de passe-passe, faisaient d'eux les messagers des dieux.

Les illustrations, forts nombreuses, sont belles, simples et toujours dans le contexte de l'action (Je note tout de même une petite coquille, lorsqu'un guerrier gaulois brandis une épée à double tranchant alors qu'elle est décrite  à simple dans le roman. Mais bon, je chipote un peu).

Petit bonus : Bien que le roman à lui seul soit déjà instructif, l'auteur à ajouté, à la place d'un lexique, un petit documentaire comportant les grandes lignes de l'histoire de nos ancêtres les gaulois, les noms des différentes tribus ainsi que diverses anecdotes comme par exemple le choix du coq comme emblème (Coq et Gaulois se traduisant Gallus en latin).

Comme il faut bien trouver un défaut à ce livre, je soulignerai que, si le caractère pédagogique de cette œuvre est irréprochable, je trouve que l'histoire proprement dite manque un peu de consistance .
Les actions s'enchainent sans temps morts mais sans détails non plus, laissant comme une impression de lire un résumé du livre.

Ce livre est clairement destiné aux enfants de 12 ans et plus, et bien qu'un adulte puisse peut être apprendre une chose ou deux, je doute qu'il le passionne.

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Adabam pour m'avoir envoyé ce livre à l'occasion du programme Masse Critique.


samedi 14 mai 2011

Des templiers à la franc-maçonnerie

De Jacques Rolland



Quatrième de couverture.
Peut-on établir une filiation directe ou indirecte entre l'Ordre du Temple et la Francs-maçonnerie ?
Pourquoi la littérature maçonnique fait-elle l'impasse sur cette transmission ? Jacques Rolland nous propose, dans ce remarquable essai, fruit d'innombrables recherches, une étude sur la lente émergence de la maçonnerie à partir du
phénomène templier. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, alors que l'on croyait l'Ordre du Temple disparu dans les flammes des buchers, il allait essaimer plus largement encore qu'il ne l'avait fait de son vivant. Il léguait en héritage pour les siècles à venir ses idéaux et ses valeurs.

Si la cathédrale des tailleurs de pierre est gothique, elle est encore plus templière, pour avoir mis les hommes debout et en état de marche, car la véritable mission que s'étaient donné les templiers n'était-elle pas justement de provoquer une révolution sociale et démocratique ?
L'héritage, telle une pierre précieuse, se retrouve entre les mains des Francs-Maçons.
Et c'est pourquoi "Son nom fut autre et le même pourtant".


Pas de doute possible, Jacques Rolland maitrise son sujet sur le bout des doigts.
Il nous entraine, à travers les siècles, suivre les traces, parfois disparues, souvent volontairement effacées, des templiers afin de tenter de révéler un lien entre ceux-ci et les franc-maçons.

Cependant, le rythme imposé essouffle un peu le lecteur qui, comme moi, aurait un bagage historique un peu trop léger.

De plus, l'écriture est assez complexe et, malgré la précision employée afin d’étayer ses propos et les illustrations proposées, elle a tendance à embrouiller un tantinet, ce qui ralentit considérablement la lecture.
« Il a été précisé maintes fois dans cet essai que les fractures spatio-temporelles survenues au cours de l'évolution géopolitique de ce monde impliquaient trop d'aléas et d'inconnus pour recevoir l'hypothèse d'une filiation ou d'un héritage »

Toutefois, la lecture de cet ouvrage reste très intéressante et permet de découvrir de nombreux secrets de cet ordre (que je ne révélerait pas afin de ne pas gâcher la lecture).
J'ai été cependant surpris de voire l’implication de ces deux groupes dans l'histoire mondiale.

Je pense que, bien que ce livre serait peut être, de part sa complexité, plus apprécié par un féru d'histoire, il n'en reste pas moins une lecture fort instructive.


Ce livre m'a été envoyé par les Éditions Trajectoire à l'occasion du programme Masse Critique de Babelio.





Je les remercie pour cet envoi, dont l'impression est, au passage, excellente.

dimanche 24 avril 2011

Le sabre des Takeda

De Inoue Yasushi




En 1543, pendant l'époque Sengoku, les grands seigneurs féodaux étaient constamment en guerre, divisant le pays en d'incessantes batailles.
Le daimyo (seigneur féodal) Takeda Shingen combattait les clans Suwa et Nagao.
Il engagea, à la suite d'une agression, le bushi (guerrier) Yamamoto Kansuke, qui malgré son âge très avancé, brillait par sa volonté et son intelligence hors du commun.
Yamamoto Kansuke, un personnage beaucoup moins connu et moins emblématique que le célèbre Miyamoto Mushashi, était petit, presque un nain (dans le sens tolkienien du terme), boiteux, ne voyant presque plus d'un œil et affreusement laid, mais c'était surtout un génie de l'art de la guerre.
Génial stratège, il était sans pitié envers tout ce qui pouvait se dresser entre lui et ce rêve et il tirait les ficelles dans l'ombre, sans retirer aucune gloire, la rejetant sur son seigneur.
Maniant avec autant d'adresse la plume que l'épée, il se vit confier par son seigneur la charge de stratège dans sa guerre d'expansion territoriale et, de victoire en victoire, se retrouva face au puissant Kenshin, du clan Tagao.

Mais, en plus de ses adversaires des autres clans, Kasuke eut aussi fort à faire pour gérer les nombreuses conquêtes féminines de son maitre, lui dont le physique repoussant le condamne au célibat.

Malgré cela, ou même peut être justement grâce à cela, Kansuke ne vécu que pour son rêve : réunir le japon sous la bannière des Takeda dont la devise est «fûrinkazan» :
  • Fu, rapide comme le vent,
  • Rin, silencieux comme la forêt,
  • Ka, dévorant comme le feu,
  • Zan, impassible comme la montagne.









Malheureusement, il mourut sur le champ de bataille sans avoir vu son rêve se concrétiser.


Ce livre nous relate un passage célèbre de l'histoire japonaise, celui de l'affrontement entre Shingen Takeda et Kenshin Uesugi, qui se sont rencontrés cinq fois sur le champ de bataille de Kawanakajima sans que ni l'un ni l'autre n'obtienne de victoire complète.

L'auteur ne nous dévoile que des passages clés, mettant en valeur la progression de Kansuke et l'expansion territoriale des Takeda, et sautant souvent de grandes périodes pour nous livrer un récit couvrant une dizaine d'années.

Ce livre est captivant car on suit avec intérêt le personnage historique de Kansuke, qui pour satisfaire son désir de reconnaissance (au lieu d'intenter un procès envers Dame Nature pour préjudice moral), se dévouera corps et âme à l'accomplissement de ce qu'il croit être juste.
Ce dévouement est certes louable et majestueux, mais, personnellement, je trouve qu'il est un peu agaçant à la longue.
Kansuke, ne vie véritablement sa vie que par procuration à travers son seigneur, tant pour l'élévation et le pouvoir, à travers l'unification du Japon, que pour la vie affective (il voue en effet un amour chaste et pur envers Dame Yubu).


Le style, simple et efficace, fait un peu penser aux Ukiyo-e (exemple d'ukiyo-e ci contre représentant Kansuke), tant il va directement à l'essentiel sans superflu, et nous peint trait par trait un Kansuke profondément humain, qui grâce à sa seule volonté, va entrer dans la légende.













Ce livre est à mi-chemin entre le récit historique et le roman imaginaire.
Je le conseillerais plutôt aux amateurs d'histoire japonaise.

Petit point noir au tableau, contrairement aux livres que j'ai lu sur le Japon, il n'y a pas de lexique expliquant les termes japonais comme daimyo, bushi et autres termes non traduit.