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lundi 26 décembre 2011

Fahrenheit 451

De Ray Bradbury


451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable.
Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.




Fahrenheit 451 est un grand classique que l'on ne présente même plus.
L'auteur nous dépeint un futur, pas si éloigné du notre, tant culturellement que temporellement, ou la lecture (de livre) est interdite.
En effet, lire mène à la réflexion. Chacun réfléchissant différemment, cela amène les gens à avoir des idées différentes, ce qui est déclaré comme antisocial et ennemi de la paix.
Cette société engendre donc un troupeau de moutons abruti par la télévision, ne pouvant et ne voulant plus réfléchir par eux même (trop fatigant).

Le personnage type de ce formatage est la femme du héros, Mildred, qui ne vit que pour et par ses écrans géants diffusant la "famille", émission de télé-réalité occupant son esprit en continu.
Non content de juguler toute réflexion, ce genre de société contrôle aussi les souvenirs. Sans les livres, pas d'histoire, ni de passé. La société est alors libre de le remodeler à sa guise.

Montag, le héros, n'était pas différent des autres personnes et son métier de pompier-bruleur de livre (Dans la version original, le terme de pompier remplacé par 'firemen' l'homme du feu prend tout son sens) lui plaisait même avant sa rencontre avec Clarisse McClellan, jeune fille excentrique, élevé par sa famille dans l'esprit de liberté individuelle et de réflexion personnelle.

Elle l’amène à se demander ce que contiennent les livres qu'il brule. Pourquoi des personnes en cachent-ils contre la loi et sont même prêtes à mourir avec eux ?
Cette simple incitation à la réflexion lui fera remettre en cause toute la société dans lequel il vit.

C'est un roman percutant et incroyablement visionnaire. A sa sortie, le télévision en était encore à ses balbutiements et pourtant Bradbury décrit des écrans plats recouvrant les murs, la télé-réalité, les lecteurs de musiques portables (appelés les coquillages).
Il est effrayant car la société décrite pourrait bien être la notre. En effet, le contrôle de la population par l'occupation perpétuelle de l'esprit par les murs écrans et les coquillages m'évoque le patron de TF1 qui vendait du temps de cerveaux  disponibles aux pubs.

Au final, c'est un livre qui n'a pas trop mal vieillit, malgré les 70 ans.
Bien qu'il se lise très vite, il entraine beaucoup de réflexions. (Je sens que je vais surveiller de près le premier pompier qui viendra me vendre un calendrier :p)

C'est un livre à lire absolument et qui clos en beauté ce challenge Tous les livres qu'il faut avoir lu dans sa vie.

Et vous, quel livre apprendriez-vous par cœur pour le sauver ?

lundi 28 février 2011

La planète des singes

de Pierre Boulle





Ulysse Mérou, le professeur Antelle et son second, Arthur Levain, forment l'expédition envoyée explorer le système de l'étoile Bételgeuse.

A la surface d'une des planètes de ce système, nommée Soror, ils découvrent des traces de civilisations récentes.

Débarqués sur cette planète au moyen d'une "nacelle", ils remarquent que la planète est peuplé d'humains, semblable à eux, mais sous-évolués et ne possédant pas de langage.
Ceux-ci, dans un accès de rage, détruisirent la nacelle leur permettant de rejoindre leur vaisseau et leur arrachèrent tout vêtements, les réduisant à la même nudité qu'eux même.

Autre surprise de taille, la planète est dirigé par des singes (gorilles, orang-outangs et chimpanzés) maitrisant la technologie et le langage.

Sur cette planète, les singes sont l'espèce dominante (remarquez, on s'en doutait un peu en voyant le titre !!) et se servent de l'espèce humaine pour des travaux subalternes ne nécessitant pas d'intellect, en tant que cobaye pour la recherche scientifique ou pour la chasse (en tant que gibier).

C'est lors de l'une de ces chasse que les trois terriens rencontrèrent pour la premières fois les singes.
Tandis qu'Arthur Levain est tué par un gorille armé d'un fusil, Ulysse et le professeur sont séparés.

Le professeur fut envoyé dans un zoo, mais Ulysse rejoignit le laboratoire où travaillait  Zira, une chimpanzé femelle scientifique.

Passant avec brio tout les tests d'aptitudes (En même temps, les tests sont du même acabit que ceux qui sont donné aux chimpanzés dans la réalité), il tente de faire comprendre à l'équipe de recherche, dirigée par un orang-outang, qu'il est un être pensant au moins aussi évolué qu'eux.

Cela, seule Zira l'admet et lui enseigne, en cachette, le « langage simiesque » et apprend elle même le français.

Cet apprentissage doit, en effet, se faire dans le plus grand secret, car la découverte que l'homme est un animal pensant remettrait en question toute leurs croyances et la structure de leur société.


Le roman est très court (180 pages) et est très agréable à lire.

Le style est épuré au maximum (peut être même un peu trop), voir aseptisé et nous entraine directement au cœur de l'intrigue.

Ce livre pourrait être vu comme un énième roman de science-fiction dont les héros, des terriens, visitent d'autres galaxies, mais il laisse transparaitre bien plus que cela.
L'auteur critique notre propre société au travers de cette société simiesque, notamment le regard des humains sur les espèces "inférieures".

L'épilogue clos le récit avec une note assez cynique, presque amusante.


J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge Tous les livres qu'il faut avoir lu dans sa vie.

challe11.jpg



Je conseillerais donc cette lecture, d'autant plus que le format du livre se prête assez bien à la lecture dans les transports en commun.