dimanche 20 novembre 2011

Handicap et dépendance, Drame humains, Enjeux politiques

De Florence Weber


Drame privé ou question publique ?
De quoi et de qui parle-t-on quand on parle de dépendance ?
Le terme, d'origine médicale, désigne l'état des personnes qui ne peuvent pas accomplir sans aide les actes essentiels de la vie quotidienne : handicapés, malades chroniques, vieillards infirmes ou déments.
L'histoire des politiques sociales françaises a conduit à restreindre le terme aux personnes de plus de 60 ans, destinataires d'une prestation spécifique depuis 1997.
Pourtant, en France comme dans le reste de l'Europe, la dépendance touche principalement celles de plus de 80 ans.


Ce livre s'éloigne bien loin des sentiers battus par mes lectures habituelles et c'est une bonne chose.
Dans ce livre, l'auteur, Florence Weber, sociologue et anthropologue, tente d'expliquer les enjeux des débats français concernant les compensations et aides fournies aux personnes handicapées.
Elle remet en question la frontière séparant les aides reçues par les personnes dépendantes selon qu'elles aient ou non dépassées la soixantaine.
Elle propose aussi un système qui, selon son expérience, pourrait mieux organiser les aides à ces personnes.

Ce livre peut être vu comme un véritable « coup de gueule » qui dénonce des problèmes réels et qui ne semblent pas près de s'arranger tout seuls.

Cet aspect, jumelé à une bonne maitrise du sujet, aurait pu donner excellent ouvrage s'il avait été mieux ciblé.
En effet, son principal défaut est que, s'il se veut lisible par la masse, il serait certainement mieux perçu par des professionnels de la santé ou des services sociaux.
Les premières parties du roman, riches et denses, tiennent davantage du rapport que de la vulgarisation et comportent à foison statistiques, relevés, bilans, références à d'autres ouvrages clés ne donnant aucune accroche à mon œil de non-initié.

Au final, le début du livre m'aura seulement laissé des impressions du genre « Ah quand même ! » , « Je ne pensais pas que c'était à ce point la ! », mais sans que je ne comprenne autre chose que les grandes lignes.

La dernière partie est, elle, plus lisible, sans doute grâce à la présence d'explications bien construites basées sur des exemples concrets (dommage qu'elle ne représente qu'un quart du livre !).

Par exemple, elle cite, entre autres, des cas précis d'aides inadaptées, comme celle d'une femme de ménage rangeant l'habitation d'un aveugle à sa manière et obligeant l'aidé à retrouver ses marques en permanence.
Personnellement, j'aurai cru que la femme de ménage aurait été briffé sur la manière de ranger

Ceci dit, le livre est très bien construit et les passages que j'ai compris m'ont beaucoup intéressé.
J'avais choisi ce livre en le pensant vulgarisé afin de pouvoir toucher un plus large public et j'ai été un peu déçu en ce sens.

Au final, je pense que c'est un bon livre engagé, dont l'auteur maitrise le sujet, pourtant fort délicat et complexe, mais qui ne peut pas être lu de tous.

Si je devais mettre une note, ce serait un 2,5/5 car, malgré une dernière partie fort instructive, je n'avais pas les bagages nécessaires à une parfaite appréciation de ce livre.

Je remercie pour cet envoi :

dimanche 13 novembre 2011

Le concile de pierre

de

Diane Thiberge est une ethnologue, spécialisé dans le comportement des prédateurs, et pratiquant les arts martiaux.
Après de longues démarches, et l'appui de son beau-père haut placé, elle parvient à adopter un petit enfant thaïlandais de six ans.
En effet, ayant été agressé à la puberté, elle a gardé des séquelles et refuse depuis tout contact avec la gente masculine.
Elle francise le nom du petit garçon, surnommé Lu-Sian par l'orphelinat, en Lucien.
Tout pourrait aller pour le mieux mais un accident de voiture plonge l'enfant dans un coma rendant les meilleurs spécialistes pessimistes sur sa survie.
C'est alors qu'un mystérieux acupuncteur allemand sauve l'enfant, qui selon lui doit vivre à tout prix, avant de disparaître et de se faire assassiner dans de mystérieuses conditions.
Diane se lance alors dans l'enquête sur les circonstances mystérieuses liées à l'accident, orchestré par une main de maitre.
Sa piste, jonchés de cadavres et de mystères de plus en plus étranges et de moins en moins rationnels, la mènera en 'Allemagne et finira au fin fond de la Russie, dans la taïga mongole.

Contrairement aux autres romans que j'ai lu de cet auteur depuis les Rivières Pourpres, une petite touche de fantastique est présente dans ce livre.
Cette particularité, étant donné mon style de prédilection en matière de lecture, aurait plutôt tendance à me plaire si la fin ne gâchait pas tout.

Désolé si je spoile un peu, mais le final, ou les « vilains » se transforment en animaux pour s'affronter entre une fois qu'ils en auront fini avec l'héroïne, est tout simplement risible.
En effet, on nous explique à la fin du roman que les circonstances étranges présentes dans le livre sont du à la transmutation de chaque personne en son totem.
L'auteur conclut en effet par une victoire de Diane sur ces animaux, qui pour la petite précision sont démesurés, qui réussi à tuer, en pleine taïga, armée d'un glock (avec un seul chargeur, ce qui donne pour le calibre 45, entre 10 et 15 balles) un aigle (de trois mètres d'envergure), un loup (seulement un peu plus gros que la normale) et un ours (de plus de 3 mètres de haut).

Ceci mis à part, le livre tient en haleine et je l'ai d'ailleurs dévoré par curiosité, un peu déçu par les conclusions finales alambiquées.

Il est évident que ce n'est pas le meilleur roman que j'ai lu de cet auteur, mais cela reste une lecture convenable.


Par curiosité, et aussi pour faire la comparaison comme je l'avais fait avec Les Rivières Pourpres, j'ai regardé l'adaptation cinématographique et les incohérences avec le livre m'ont consternés:
  • âge, prénom et lieu d'adoption du garçon modifié
  • famille, profession, passé et relations avec la gente masculine de l'héroïne modifiés
  • circonstances de l'accident déclencheur de l'histoire également modifiés (un aigle percute sa voiture dans le film; ...)
  • symbolique et intervention des animaux plus poussés dans le film (Certainement afin d'être certain que le spectateur comprenne la fin je suppose.)

Bref, je me suis arrêté au bout d'une demie heure et les seuls points communs que j'ai noté avec le livre sont que l'héroïne adopte bien un petit garçon à l'étranger et, qu'après un accident de voiture, il se retrouve dans le coma.

dimanche 6 novembre 2011

Les épées de la nuit et du jour

De David Gemmell


Mille ans après leur mort, Druss et Skilgannon sont vénérés comme des héros par le peuple Drenaï, encore frappé par la guerre et les maléfices de l'Éternelle.
Or une prophétie annonçait le retour de Skilgannon le Damné vers son peuple en son heure la plus sombre, et Landis Kan l’a réalisée.
Il a trouvé sa tombe et l’a ressuscité. 
Mais cet homme est perdu dans ce monde étrange, séparé de tout ce qu’il connaissait.
Enfin, de presque tout. 
Car Kan avait tenté un premier rituel et ramené un géant taciturne.
Pour Kan, il était un échec dangereux.
Pour Skilgannon, il est leur dernier espoir …



Ce dernier opus de la saga Drenaï ne se démarque pas beaucoup de ses prédécesseurs, et en particulier de Loup Blanc
En effet, seule l'époque diffère: ni l'univers moyenâgeux (après pourtant 1000 années d'écoulés depuis le reste de la saga), ni les thèmes si cher à Gemmell, ni les protagonistes principaux ne changent.
L'auteur puise de puissants héros comme Skilgannon, Décado, Jiana et surtout Druss, directement dans leurs tombes.

Certains clameront un manque d'imagination ou tout du moins une certaine flemme de l'auteur, qui ressort de vieux héros du placard pour assurer un succès au livre.
Personnellement, je retrouve la patte de Gemmell, ainsi que des personnages que j'ai adoré dans les précédents opus (particulièrement Druss) et cela me convient fortement.
Certes, Druss n'est pas vraiment présent dans le livre (Je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler), mais cela ne rend ses apparitions que plus magistrales.

Toutefois, Gemmell ne se contente pas de nous ressortir les héros du passé.
D'autres personnages font également leur apparitions : Stavus, le simple marchand amoureux de la belle Askari, chasseresse et clone de Jiana, Shakul, le jiamad (ou Uni) et j'en passe.

Au programme, de l'action pure et dure, des tragédies (A-t-on jamais vu un héros gemmellien être véritablement heureux ?), des amitiés se forgeant et d'autres mises à rude épreuve, de l'amour (tragique évidement), du courage germant là où l'on ne l'attend pas, des grandes scènes de bataille et évidement, un siège final.

Pas une seconde de répit pour les yeux du lecteur. Le style de Gemmell est toujours aussi efficace et puissant et, par rapport à ses premiers livres, on peut voir la nette progression de Gemmell dans la construction du récit et dans les personnalités de ses héros. 
Ici, l'histoire est plus dense et moins linéaire, les personnages plus approfondis, ce qui ne les rend que plus attachant (quel que soit leurs camps d’ailleurs !).

Je sais très bien que, en ce qui concerne Gemmell, j'ai perdu toute objectivité depuis longtemps mais j'ai adoré la lecture de ce roman que j'ai presque lu d'une traite. 
 
Il me reste encore (et fort heureusement) à lire :
  • La trilogie Waylander
  • La légende de Marche-Mort
  • La Quête des héros perdus
  • Les Guerriers de l’hiver
  • Le cycle Les Pierres de sang 
  • Le cycle Hawk Queen Series
  • Le cycle Rigante
  • Le cycle Troie
  • La Couronne perdue
  • L'étoile du matin
  • Chevalier blanc, cygne noir
  • L'Écho du grand chant   

dimanche 30 octobre 2011

Don Quichotte de la Manche

De Miguel de Cervantes


Le roman narre les aventures (ou plutôt les mésaventures) de Alonso Quichano, auto-nommé Don Quichotte de la Manche.
Don Quichotte est un noble espagnol aimant plus que de raison les romans de chevalerie et qui, du jour au lendemain, se prend pour un chevalier errant et sitôt son armure, aussi factice que sa nouvelle identité, assemblée, part sur les routes pour éradiquer le mal en ce monde.
Il rencontrera Sancho Panza, paysan de son état, qui bien que sachant son nouveau maitre fou à lier, le suivra dans sa quête et son délire dans le seul but de manger à sa faim.
Peu importe la réalité à Don Quichotte. Un homme le rosse et le lendemain, il narre son prodigieux combat face à la multitude. 
De plus, son œil interprétant le monde autour de lui, les auberges deviennent des châteaux, les paysannes deviennent des princesses, les moulins deviennent des géants aux nombreux bras.
Il se croit aussi persécuté par de puissants magiciens et amoureux d'une dulcinée irréelle.


Que dire de ce grand classique ?

Moderne, en tout cas pour son époque, tant dans le genre que dans la forme (Cela m'a d'ailleurs grandement facilité la lecture).

Drôle, de par les actions du héros et ses réflexions entrainés par sa vision empreinte de folie sur le monde extérieur.

Magnifique, car même si le fond est soigné, la forme n'est pas laissée pour compte, et ce malgré le passage de la traduction :
"Belle et noble dame, j'aimerais pouvoir payer de retour l'insigne faveur que vous me faites en dévoilant à mes yeux votre beauté sans égale. Mais la Fortune, qui jamais ne se lasse de persécuter les gens de bien, m'a jeté dans ce lit, moulu et brisé, de sorte qu'il me sera impossible, malgré tout le désir que j'en ai, de satisfaire le vôtre. A cette impossibilité s'en ajoute une autre plus grande encore: c'est la fidélité que j'ai promise et jurée à l'incomparable Dulcinée du Toboso, unique dame de mes plus secrètes pensées. Sans cet obstacle majeur, je ne serais pas assez sot pour laisser passer cette heureuse occasion, que dans votre immense bonté vous avez daigné m'offrir".
J'imagine qu'il doit être certainement plus plaisant de le lire en VO mais ma maitrise de la langue de Cervantes ne me permet pas d'en profiter.

Profond, car au travers du regard du héros, l'auteur se livre à un véritable étude sociologique.
En effet, la position décalé du personnage lui offre certainement une place privilégié pour analyser ses contemporains.

Il est curieux aussi de voir que si le personnage de Sancho évolue, du paysan assez basique au gentilhomme cultivé, Don Quichotte, lui, ne dévie pas d'un iota de sa trajectoire, restant fidèle à lui même jusqu'à son brutal retour à la réalité.

Au final, ce fut pour moi une excellente découverte et un tout aussi excellent moment de lecture.

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge Tous les livres qu'il faut avoir lu dans sa vie.

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Petit rappel des règles et de ma sélection d'œuvres

Merci à Plume qui m'a conseillé ce livre (je séchais un peu sur le choix du livre du mois d'octobre :p ).

dimanche 9 octobre 2011

Hunter brown et le Secret de l'Ombre

 De Allan et Christopher Miller



D'étranges visions, des monstres, des révélations saisissantes, Hunter Brown n'aurait jamais imaginé un tel été ! Après de nombreuses péripéties, Hunter se retrouve en possession d'un vieux grimoire et d'une clé mystérieuse.
Ces visions deviennent réalité, ce livre mystérieux est un passage vers Solandria, un pays fantastique hanté par l'Ombre, un personnage menaçant.
A Solandria, Hunter pourra-t-il rejoindre les gardiens du Code, une troupe de guerriers hautement entraînés qui forment la résistance ?
Échappera-t-il à ses poursuivants ?
Que signifient ces anciennes prophéties qui le désignent comme un personnage essentiel dans la lutte contre l'oppresseur ?
Dans la lutte qui l'oppose à l'Ombre sauvera-t-il son âme ?
Percera-t-il le secret de l'Ombre, ou la vérité sera-t-elle si forte qu'il ne pourrait la supporter ?
Le compte à rebours est lancé, pour s'en sortir, il lui faudra compter sur le livre mystérieux en sa possession.



Le premier point positif qui saute au yeux dès l'ouverture du livre est le soin apporté à l'illustration.
En effet, en plus des nombreuses illustrations couleur sépias parcourant le livre et qui sont assez réussies (bien que je trouve que certaines fasse un peu trop "image de synthèse"), les bordures et tranches du livre sont décorées pour lui donner un petit coté ancien et malmené comme pourrait l'être le livre du héros.

Le héros est un lycéen sans particularité ni dons spéciaux mais qui, en passant dans un autre monde, se retrouve bombardé Élu, être possédant d'énormes pouvoirs latents et devant sauver le monde.
Bien que ce héros soit un classique du genre dans la fantasy et les mangas, il n'en reste pas moins efficace.
En effet, étant le lycéen type, nombre de lecteurs s'identifieront facilement au héros. Qui n'a jamais rêvé de recevoir du jour au lendemain un pouvoir ou un don qui ferait de lui un héros ?

A la base, les co-auteurs Allan et Christopher Miller sont créateurs de jeux vidéos, mais pour un premier essai, je trouve qu'ils ne s'en sont pas trop mal sortis.

Certes, l'histoire est simple, les deux camps bien définis avec dans un coin Vénator et l'Ombre et dans l'autre l'Ordre et l'Auteur, mais une lecture reposante est parfois agréable.
De plus, on ressent l'influence de différents livres, mangas, films (comme StarWars pour les épées), le seigneur des Anneaux (pour l'Ombre rappelant Sauron).

Le seul petit point négatif à cette lecture est le matraquage religieux à propos de l'Auteur, présenté comme une sorte de Dieu, maitre de leurs destinés et seul être à devoir être craint et vénéré.

Finalement, c'est un livre qui se lit très facilement et bien que le fond soit assez simple, il est fort bien construit et possède suffisamment de rebondissements pour ne pas laisser le lecteur s'ennuyer.

Bien que ce livre soit destiné principalement à un public adolescent, un public adulte, pour peu qu'il soit indulgent avec la minceur de la trame, profiterait tout autant de la lecture.
En effet, bien qu'ayant passé l'âge ciblé, je pense que je me laisserai tenté par le tome 2.

Ce livre m'a été envoyé par les Editions Salavator à l'occasion du programme Masse Critique de Babelio.





Je les remercie encore pour cet envoi.
Je suis tombé par hasard sur ce trailer qui, bien que de qualité assez faible, à l'avantage de coller assez bien au au livre.

jeudi 6 octobre 2011

Druss la légende

De David Gemmell


Bien avant d'être connu dans le monde entier sous le nom de Marche-Mort ou du Capitaine à la hache, Druss vivait paisiblement de son métier de bucheron.
Toutefois, son caractère bourru et colérique et sa force brute ne le rendait pas populaire et seule Rowena était capable, par sa seule présence, de tempérer son caractère brusque.
Alors, quand une bande de brigands pille son village emmenant les femmes vendables et massacrant tous les autres membres, Druss n'aura pour alors seule raison de vivre que de la retrouver.
S'armant de Snaga, la hache ensorcelée, aussi surnommée "les lames sans retour", ayant appartenu à son grand-père, grand guerrier devenu à un meurtrier psychotique à cause du pouvoir de celle-ci, il s'élancera seul à recherche de sa bien-aimée.
Suivi par le fidèle poète Sieben, il poursuivra inlassablement sa femme à travers le monde et jusqu'aux portes des Enfers, enchainant les métiers de lutteur, mercenaire et même de soldat de la célèbre armée des Immortels pour arriver à ses fins.
Il ne laissera dans son sillage qu'une longue trainée de morts et une légende.


Auteur dont la réputation n'est plus à faire, Gemmell nous narre ici la naissance de la légende de Druss.
Ici, point de preux chevalier au sourire étincelant partant secourir une belle princesse écervelée prisonnière d'une haute tour gardée par un dragon, Druss est un homme simple, peu soucieux de la renommée, de la fortune, du pouvoir ou des femmes.
A ses yeux, seul compte sa femme et le code d'honneur qui différencie les héros des meurtriers:
Ne viole jamais une femme, ne fais pas de mal aux enfants.
Ne mens pas, ne triche pas, ne vole pas. Laisse cela aux gens médiocres.
Protège les faibles contre les force du mal.
Et ne laisse jamais l'idée de profit te guider sur la voie du mal.
On découvre avec avidité les épreuves qui ont forgés le tempérament du héros défendant les murailles de Dros Delnoch.
Le personnage de Druss est finement détaillé. Loin de nous dépeindre un héros tout puissant, Gemmell s'attarde également sur les faiblesses de celui que la mort elle même n'ose approcher.
En effet, cela confirme les dires de Druss dans Loup Blanc, qui expliquant la raison de son choix de vie de guerrier, rétorque qu'il était trop faible pour devenir fermier. On devine qu'il était juste trop faible pour résister à l'appel du combat.

Plus que le héros (et pourtant j'adore le personnage de Druss), j'apprécie le style « Gemmell », puissant et épique, faisant vibrer le lecteur devant les péripéties et déboires de ses héros.

Les pages s'enchainent dans une déferlante d'action, de décors familiers aux lecteurs de la série des Drénai, d'humour burlesque et de tragédies propres aux héros gemmeliens.
Comme toujours chez cet auteur, l'histoire est simple et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seconde, avalant les pages dès que j'avais un instant de libre.

Ce livre peut se lire avant ou après Légende (voir les deux), les révélations faites dans Légende, chronologiquement après ce livre, ne gâchant en rien l'intrigue.
Seul point négatif à cette lecture, l'amenuisement du nombre de livres de ce grand conteur me restant à lire.

Au final, du Gemmell comme on les aime, mais celui-ci est sans doute mon favori parmi ceux que j'ai lu.

mercredi 28 septembre 2011

3 secondes

De Marc-Antoine Mathieu


3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion...
Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive.
Affaires, crimes, complot...
À chacun de se faire sa propre idée.
Bonne investigation.


Le principe est original : suivre la lumière en rebondissant sur les surfaces réfléchissantes dans une scène au ralenti, presque figée, qui ne dure que trois secondes, et ainsi pouvoir la détailler sous tout les angles.
Le lecteur doit résoudre un mystère en récoltant les indices dissimulés dans les cases.
Le lecteur, suivant la lumière, avance de case en case, chaque case n'étant qu'un zoom de la précédente

Cependant, il ne faut rien chercher de compliqué dans la recherche d'indices, la plupart étant simplement dans des journaux (à l'envers, histoire d'incorporer une pseudo difficulté) ou dans des écrans divers.

De plus, il y a 10 pages (soit 90 cases excusez-moi du peu) qui ne servent, à mon avis, strictement à rien car la lumière nous emmène dans l'espace avec 38 cases montrant la lune sous différents zooms, suivi de 16 cases absolument noires (Normal, on est dans l'espace. Certes. Mais la recherche d'indices y est assez limité).

Bref, on passe des pages entières sans que l'œil ne s'y attache.

Techniquement parlant, les graphismes sont très soignées. 
Le soucis du détail est digne d'éloge et le rendu visuel est tout simplement bluffant.
Les jeu d'ombres et les reflets (extrêmement nombreux) sont d'une beauté et d'une minutie rarement vue dans une bande-dessinée.
De plus, en regardant la version numérique, accessible grâce à un code fournis dans le livre, on peut admirer les images s'enchainer avec des effets de profondeur vertigineux.
Il est d'ailleurs possible d'accélérer la lecture, de revenir en arrière de faire pause pour observer un détail.
Cette version numérique peut aider à trouver des indices coincés entre deux cases.

Ceci dit, si la forme est remarquable, le fond l'est beaucoup moins.
L'intrigue est très très mince. Je ne la dévoilerai pas afin de ne pas spoiler.
J'avoue que n'ayant pas relu ce livre plusieurs fois, il y a certainement de nombreux détails (peut être même intéressants, voire cruciaux) qui m'ont échappés mais absolument rien ne m'a donné envie de les chercher.

3 secondes, c'est probablement, le temps que j'aurai gardé cette bande-dessinée en main avant de la reposer si je l'avais trouvée en furetant dans un magasin.

Toutefois, je remercie Babelio et les Éditions Delcourt pour cet envoi.

Pour plus d'information, je recommande la visite du mini-site ou la page Facebook du livre.